L’ancien four à chaux de Maison Labatchenia à Ainhoa

Juste en face de Maison Labatchenia, en partie dissimulé par la végétation, se trouve un ancien four à chaux en pierre.

On pourrait facilement passer devant sans y prêter attention. Pourtant, cette petite construction est un indice important sur l’histoire de la maison et sur une époque où les paysages autour d’Ainhoa n’étaient pas seulement beaux : ils étaient aussi des lieux de travail.

Même le nom Labatchenia raconte une partie de cette histoire. Il est traditionnellement compris comme signifiant « la maison du four », rappelant le lien entre la maison et l’ancienne activité liée à la chaux.

Il existe d’ailleurs un petit mystère autour du nom. Bien que la maison s’écrive Labatchenia, les habitants d’Ainhoa l’appellent « Lahatchenia », avec un h. Personne ne semble vraiment savoir pourquoi. C’est peut-être tout simplement l’une de ces formes orales transmises localement de génération en génération.

À quoi servait un four à chaux ?

Avant que le ciment ne se généralise, la chaux était un matériau essentiel dans la construction rurale.

On chauffait du calcaire à très haute température dans un four afin d’obtenir de la chaux vive. Après une transformation soigneuse avec de l’eau, celle-ci pouvait notamment servir à fabriquer des mortiers, des enduits et des badigeons à la chaux.

Elle était particulièrement adaptée aux bâtiments anciens en pierre, car les mortiers à la chaux sont plus souples et plus respirants que les mortiers modernes au ciment.

La chaux avait également d’autres usages, notamment dans l’agriculture et pour certaines pratiques d’assainissement.

Pendant des siècles, sa production a donc joué un rôle important dans les régions calcaires comme celle d’Ainhoa.

Pourquoi le four a-t-il été construit ici ?

Pour faire fonctionner un four à chaux, il fallait disposer en quantité de deux choses : du calcaire et du combustible.

Le paysage autour de Maison Labatchenia offrait les deux.

Le four se trouve tout près de l’ancienne carrière, où le calcaire pouvait être extrait, tandis que les collines boisées environnantes fournissaient le bois nécessaire pour alimenter le feu.

Transporter de grandes quantités de pierre et de bois était difficile. Les fours étaient donc généralement installés près des ressources nécessaires à leur fonctionnement.

Dans ce contexte, la présence du four juste à côté de la maison n’a rien d’un hasard.

Maison Labatchenia et le four à chaux

Le lien entre le four et Maison Labatchenia est l’un des aspects les plus intéressants de l’histoire du lieu.

La maison était associée à cette activité et une partie du bâtiment servait autrefois en lien avec la chaux produite ici. Son nom basque, Labatchenia — « la maison du four » —, en conserve encore aujourd’hui la mémoire.

Il est désormais difficile d’imaginer le site tel qu’il était autrefois.

À la place d’une maison tranquille entourée de bois et de montagnes, il fallait imaginer la pierre extraite de la carrière, le bois transporté et empilé, et le four en activité.

La fabrication de la chaux était un travail physique exigeant. Le four devait atteindre des températures extrêmement élevées et pouvait fonctionner pendant de longues périodes afin de transformer le calcaire.

La chaux au cœur de l’architecture basque

La chaux produite dans des fours comme celui-ci faisait autrefois partie de la vie quotidienne des villages et des fermes du Pays basque.

Les constructions traditionnelles en pierre utilisaient des mortiers à la chaux, tandis que les badigeons permettaient de protéger les murs et contribuaient à créer ces façades blanches aujourd’hui si caractéristiques de l’architecture basque.

Il suffit de regarder les maisons de la rue principale d’Ainhoa : la chaux fait encore partie de leur histoire, même si les anciens fours qui la produisaient ont pour la plupart disparu.

Le petit four de Labatchenia est donc bien plus qu’une vieille construction en pierre. Il rappelle à quel point les maisons, les matériaux et le paysage étaient autrefois directement liés.

→ Découvrir l’histoire d’Ainhoa

L’ancienne carrière

Derrière cette histoire se trouve une autre partie du paysage : l’ancienne carrière.

Le calcaire nécessaire au four était extrait à proximité de la maison, laissant dans la roche des cavités et des ouvertures qui existent encore aujourd’hui.

Depuis, la nature a repris ses droits.

Les anciennes cavités de la carrière abritent aujourd’hui des chauves-souris protégées. Un joli retournement pour un lieu autrefois associé à l’extraction de la pierre, au bois et au feu.

Ce qui était autrefois un paysage de travail est progressivement redevenu forêt et habitat naturel.

Un petit morceau d’histoire toujours présent

Le four n’est évidemment plus utilisé et il n’a rien de spectaculaire.

C’est aussi ce qui nous plaît.

Il est simplement toujours là, en face de Maison Labatchenia, entouré de végétation et facile à ne pas remarquer.

Mais une fois que l’on connaît son histoire, le nom de la maison, la carrière et cette ancienne construction en pierre commencent à former un ensemble.

Même cette curieuse habitude locale de prononcer « Lahatchenia » plutôt que Labatchenia semble être une petite trace d’une histoire transmise par le lieu et par ceux qui l’ont connu.

Le four, la carrière et la maison racontent ainsi une histoire très locale d’Ainhoa : celle des matériaux que l’on trouvait sur place, des maisons que l’on construisait et du travail qui se faisait ici bien avant la création des Hauts d’Ainhoa.

Cet ancien four à chaux fait désormais partie de l’histoire que nous souhaitons préserver alors que Maison Labatchenia commence un nouveau chapitre.

→ Découvrir l’histoire de Maison Labatchenia et des Hauts d’Ainhoa